Amphore à figures noires

Amphore à figures noires

L'amphore, le plus typique des grands vases fermés, connaît dans ses formes des aspects variés proposant autant de belles surfaces à décorer selon la technique des figures noires sur fond rouge ou des figures rouges sur fond noir. C'est le plus souvent un vase allongé, rétréci vers le bas, dont le col est encadré de deux anses verticales plus basses que la lèvre. Il est alors défini par les archéologues comme une «amphore à col», du type de celle présentée ici. La qualité des décors,alliant la maîtrise de la technique de cuisson en trois phases pour obtenir le contraste du noir et du rouge aux reflets métalliques, a fait de cette forme de vase «la» référence de la céramique grecque. La découverte, dans les nécropoles étrusques, de certaines des plus belles pièces, témoigne de la valeur accordée à ces objets d'exportation réalisés dans les ateliers des potiers athéniens. Deux amphores de la collection de l'abbé Mignot appartiennent à cette production de haute qualité. Celle-ci, selon un schéma fréquent, présente deux scènes différentes dont l'iconographie est cependant souvent complémentaire. Outre ces représentations figurées, le décor «secondaire» est constitué, sur le col, d'un bandeau de doubles palmettes et lotus allongés, traversés par une chaînette de petits cercles juxtaposés; sur l'épaule, d'une bande de godrons alternativement rouges et noirs entre deux filets noirs; sur le tiers inférieur de la panse, d'une guirlande de lotus aux tiges entrecroisées en arceaux et d'une bande de pointes lancéolées partant du pied, séparées par des filets noirs parallèles. De part et d'autre et sous les anses, se développe un beau motif floral à quatre palmettes à cinq pétales et deux boutons de lotus marquant la transition entre les deux scènes figurées. La première illustre la lutte entre Héraklès et Apollon pour la possession du trépied de Delphes. Héraklès, emportant le trépied, menaçe de sa massue brandie, Apollon, armé de son arc et de son carquois passés à l'épaule, qui le poursuit et retient des deux mains l'objet convoité. Cette scène, qui connaît de nombreuses variantes, est un des thèmes favoris des peintres sur céramique à la fin du VIe et au début du Ve s. av. J.-C. Sur la seconde face, à l'ombre d'une treille, Dionysos étendu à même le sol et appuyé sur des coussins, tend son canthare vers un silène nu, ithyphallique, debout devant lui et qui lui verse à boire avec une œnochoé. Evocation des banquets humains, le tableau condense ici le caractère sacré du vin et de son usage par sa divinité tutélaire, servi dans un canthare qui ne contient que le vin pur, boisson que seuls les dieux peuvent consommer. De provenance inconnue, cette amphore a appartenu à la collection d'Adrien de Longperrier qui fut conservateur au Musée du Louvre au XIXe s. Le vase passa par héritage au Comte de Villers, à Villers-en-Arthie (Val- d'Oise) qui en fit don à l'abbé Mignot. Sur base d'une information fournie par D. von Bothmer, le vase pourrait appartenir à un ensemble découvert à Vulci et signalé sous le nom de«réserve» Canino dont le catalogue fut publié à Londres en 1838 et les vases vendu à Francfort en 1841 (DE RUYT ET HACKENS, p.50). Une marque E M, gravée sous le pied, analogue à celles attestées sur d'autres vases, fait référence à une transaction commerciale qui peut être la notation d'un prix dans l'antiquité. Dimensions : 39 x 27,5 cm Matériaux et techniques : Terre cuite. Attribué à "Primato"


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Musée L
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